Analyse de la forme urbaine

LA PERMÉABILITÉ
«Définition : La perméabilité se dit d’un tissu urbain qui est facile à traverser et qui assure l’accessibilité (Bentley et coll., 1985). La perméabilité est liée au concept de connectivité qui dépend par exemple du nombre d’intersections par kilomètre carré, de la longueur des îlots ou du nombre de rues en cul-de-sac (Handy et coll., 2003). Principe : Créer des milieux de vie perméables qui facilitent les déplacements non motorisés. »1

SELON LE PROJET D’EVA-LANXMEER…
Si l’on se fie aux nombres d’intersections au km carrés ainsi que la dimension des îlots du projet, la perméabilité d’EVA-Lanxmeer, selon Handy et coll., ne serait pas très effective. Cependant, on peut remarquer un maillage des voies fin lorsque l’on observe de plus près la composition des îlots mêmes. Ils sont en fait, subdivisés au centre par des réseaux de sentiers et de passages piétonniers, ce qui crée tout de même une hiérarchie et une fluidité sur l’ensemble du site. Certaines voies ont même été conçues pour marier autant les piétons que les automobilistes (voies partagées) et ainsi, cela évite l’isolement des différents types de circulation. Il est aussi à noter que le transfert d’un type de voies à l’autre, pour le piéton, n’est pas complexe, ni restreint par des éléments qui empêchent le passage. En fait, il peut aisément passer des sentiers, aux voies automobiles et aux voies partagées, sans trop de difficulté.

Le terrain est voulu pour être adapté à la marche, soit par déplacement non motorisé. Alors le site est plutôt organisé à partir deterrains aménagés, de sentiers, de ruelles et de terrasses. On retrouve aussi de petits jardins privés derrière les résidences (environ 150m2) se prolongeant sur la partie publique. Tout cela dans un but de diminuer l’utilisation de l’automobile. En fait, le concept est le «paysage ouvert» où les clôtures sont évitées au maximum et où la végétation seulement sert de séparation possible. Ainsi, la composition des espaces permet une perméabilité autant physique que visuelle, le privé étant tout de même préservé grâce à l’aménagement d’arbres de plus grandes dimensions à certains endroits stratégiques et à la variété morphologique des façades résidentielles.

Les différents secteurs publics, semi-publics et privés jusqu’aux espaces naturels protégés des îlots sont composés selon une logique de transition graduelle et douce. La zone privée est située au cœur de l’îlot à proximité des résidences et ouverte sur la zone semi-publique (environ 55m2/résidence) toujours au cœur de l’îlot. Pour ce qui est de la zone publique, elle est aussi attenante à la zone semi-publique, mais par contre, elle est située à l’extérieur de l’îlot, la végétation oeuvrant comme séparation naturelle et spatiale.

De plus, même si l’organisation du site était au départ basée sur un déplacement non motorisé, le tissu a été planifié en favorisant les trames de rues orthogonales plutôt qu’organiques eten évitant les rues en cul-de-sac.

Perméabilité du quartier-EVA-Lanxmeer

Connectivité des trames orthogonales

Trames et accessibilité

Source:www.mamrot.gouv.qc.ca/pub/grands_dossiers/developpement_
durable/amenagement_ecomobilite_partie_1.pdf

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La figure ci-dessus montre que, sur une distance de marche égale, il est possible d’accéder à beaucoup plus de destinations, dans un quartier à trame orthogonale, que dans un quartier à trame organique.

LA DIVERSITÉ DES USAGES
«Définition :La diversité des usages correspond à la relative proximité, à l’intérieur d’un espace donné, de différentes fonctions urbaines : résidentielle, commerciale, institutionnelle et récréative (Handy et coll., 2002). Principe : Faciliter la diversité des usages au sein des milieux de vie. Il est possible d’évaluer la diversité d’une unité de voisinage en fonction du nombre de commerces et de services dans un rayon de marche variant de 400 m à 800 m.»1

SELON LE PROJET D’EVA-LANXMEER…
EVA-Lanxmeer est un quartier assez mixte, comprenant différentes fonctions, telles que résidences (retrouvées sous plusieurs formes: maisons individuelles, pour la plupart groupées, et appartements, dont certains pour personnes âgées), écoles (trois au total, soit du primaire au secondaire), une grande variété de services, 40 000m2 de bureaux, un centre d’information, un centre de bien-être, des bars, des restaurants et une ferme urbaine (agriculture locale) entre autres. De plus, chaque fonction est aisément accessible et à proximité. En fait, tous les services sont accessibles dans un laps de temps de moins de quinze minutes. Un aspect important du quartier est que les autres services, complémentaires à ceux déjà présents sur le site, sont aussi à proximité, grâce au réseau de chemin de fer et la gare située sur l’îlot voisin qui permet l’accès au centre-ville d’Utrecht en seulement quinze minutes.

**Pour ce qui est de la densité, de façon générale, elle est assez faible (4 étages maximum), ce qui est en fait une très grande hauteur en Hollande. (densité visée : 40 hab./ha environ)

Dans le quartier d’EVA-Lanxmeer, la mixité se retrouve à l’échelle du quartier, mais aussi à l’échelle du bâti. En fait, on retrouve très fréquemment, des habitations à l’étage et des bureaux au rez-de-chaussée ou bien des bureaux à même les habitations.

La diversité se fait aussi sentir d’une habitation à l’autre. Les habitations sont retrouvées sous six modèles différents seulement, mais elles sont en majorité personnalisées par les propriétaires et ce, dans les aménagements extérieurs aussi (ex. jardins communautaires, etc.). Cette capacité aux propriétaires à personnaliser leur propre espace ajoute une certaine qualité d’appropriation, aussi appelée «personalisation». (Bentley et coll., 1985) La mixité sociale et culturelle est aussi une volonté et un aspect qui a été développé dans ce projet. Elle a été fleurissante notamment en raison de la participation de la communauté toute entière à la réalisation du quartier et par l’organisation d’espaces et de centres communautaires publics.

Usages du bâti-EVA-Lanxmeer

abc

Usages de proximité participant à la diversité d’un quartier

Source:http://www.mamrot.gouv.qc.ca/pub/grands_dossiers/
developpement_durable/amenagement_ecomobilite_partie_1.pdf

LA_LISIBILITÉ
«Définition : La lisibilité se définie comme la qualité qui permet  de comprendre et déduire l’espace environnant pour ensuite pouvoir se créer une image mentale de l’endroit sous une forme globale. Et ce, même et surtout pour les gens provenant d’ailleurs. Elle se définie par la présence de : «voies, limites, nœuds, secteurs et repères».                       (Bentley et coll., 1985)»2

SELON LE PROJET D’EVA-LANXMEER…
Le plan d’urbanisme a été majoritairement conçu dans une optique de préservation des zones naturelles et de l’esprit du lieu («Genius Loci»). Donc, la compréhension du lieu est en fait issue de cette organisation, divisant le site en secteurs soient : le secteur naturel et humide au centre, le secteur à majorité résidentiel au nord et le secteur à majorité public et mixte au sud. Ces secteurs, sous-jacents des principes de base du quartier, créent en fait le squelette ou l’image mentale du quartier.

De plus, les repères, tels que la ferme urbaine et la tour d’eau à l’est ainsi que la gare à l’ouest, aident considérablement à la compréhension de la position géographique dans le quartier. Tout cela, sans oublier la zone naturelle et humide centrale qui permet une vision d’ensemble et une perméabilité visuelle pour les résidences et les équipements de part et d’autres.

Les limites participent aussi à la compréhension de la délimitation du quartier de façon instinctive, par la présence naturelle du fleuve à l’est et de la gare à l’ouest. Ces limites, restant tout de même franchissables, par des ponts ou traverses multiples.

On remarque aussi une multitude de noeuds aux croisements des sentiers et des voies, créant des places aménagées, des mini parcs, arrangements floraux et végétaux ou autres favorisant les interactions avec les habitants, personnalisant les parcours et augmentant la lisibilité des réseaux. Les noeuds principaux se trouvent toutefois en périphérie du quartier, soit à l’ouest où se situe la gare et à l’est où se trouvent les deux pôles d’entrée et de sortie du quartier.

La lisibilité est aussi perçue par le maillage des voies, expliqué précédemment. C’est-à-dire par les quelques voies automobiles, la majorité des voies ou sentiers piétonniers et par les voies partagées entre automobiles et piétons.

Caractéristiques principales:

  • Organisation sectorielle : Protection des éléments existants (l’esprit du lieu): zones humides, vergers publics d’une centaine d’arbres, terrains à haute diversité biologique avec la ferme urbaine écologique Caetshage, etc.
  • Repères : Gare, tour d’eau et ferme urbaine
  • Barrières : Chemin ferroviaire et fleuve à proximité
  • Organisation des voies : Voies piétonnes et cyclables pour la majorité, voies motorisées en périphérie pour la minorité et voies partagées

Lisibilité du quartier-EVA-Lanxmeer

 

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1-Source:www.mamrot.gouv.qc.ca/pub/grands_dossiers/developpement_durable/
amenagement_ecomobilite_partie_1.pdf
2-Source: Bentley et coll., 1985
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